Viviana Gobbato
Photo : Jean-Luc Verna, "Apollon et Marsyas", Jusepe de Ribera, 1637, 2011, © Jean-Luc Verna et Air de Paris

« Il n’est pas permis à tous de recevoir et d’appréhender une œuvre : chaque regardeur ne voit que (…) ce que sa conscience sociale et culturelle l’autorise à voir et à intégrer ». Dominique Baqué introduit ainsi son ouvrage Mauvais Genre(s) (2002). Une observation sociologique qui s’apprêterait aussi bien à la rétrospective de Jean-Luc Verna. Si ce n’était qu’ici, l’artiste se dévoile avec autant de sincérité, que le spectateur atterrira dans cet étrange univers qui représentera en partie le sien. La vanité, la sexualité, l’exubérance, le rêve et la transgression prennent forme à travers des dessins, sculptures, photographies, installations, vidéos. Et comme face à notre image sur un miroir, on se met face à nos propres limites. Qu’est-ce qui nous choque et pourquoi ? Jean-Luc Verna abonde de passion et d’envie de nous inclure, nous rappelant que malgré nos différences et nos apparences, nous nous ressemblons. Et cela commence par notre outil de vie, le corps.

Viviana Gobbato
Claude Monet, La Maison vue du jardin aux roses, 1922-1924, Paris, Musée Marmottan Monet © The Bridgeman Art Library

Hodler, Monet et Munch : des univers artistiques différents, appartenant à la même époque, en Europe, au tournant du XIXe et au début du XXe siècles. Du 15 septembre 2016 au 22 janvier 2017, Philippe Dagen, le commissaire d’exposition, réunit ces trois artistes autour du thème « peindre l’impossible », qu’il considère « le vrai malheur du peintre ». C’est-à-dire, la représentation des phénomènes naturels, tels que l’eau, la neige, la lumière, la montagne et les couleurs. Ainsi l’exposition se traduit en un dialogue entre les toiles de trois artistes, chacun à sa manière proposant une perception de ces manifestations. Ces œuvres incitent les publics à vivre une expérience à la fois esthétique et sensible, tout en interrogeant le rôle du peintre à l’époque de l’avancée technologique. Dans un contexte scientifique, où la photographie capture la réalité, l’artiste se sert de son regard pour la dévoiler.

Spectaculaire Second Empire, 1852-1870

Médiation d'exposition

Pauline Maréchal
Jean Auguste Dominique Ingres, Madame Moitessier, 1856, huile sur toile, Londres, The National Gallery, © Les Conférences Art et Loisirs

Le Musée d'Orsay introduit le visiteur dans le monde fascinant et hétéroclite que représente le Second Empire à travers sa nouvelle exposition luxuriante. L'exposition se déroule dans un espace qui est aménagé tout particulièrement pour cet événement à l'entrée du musée, qui fête ses trente ans en cette année 2016. Avec plus de 400 œuvres exposées après deux années de recherches menées par trois commissaires d'exposition, le visiteur voit défiler devant ses yeux l'histoire d'une classe privilégiée dont diverses productions artistiques témoignent.

Juste la fin du monde

Médiation de film

Pauline Maréchal
Juste la fin du monde : affiche, Photo ajoutée sur le site AlloCiné le 28 avril 2016, © Allociné

Première scène, premières angoisses. Louis, qui apparaît directement comme le protagoniste de ce film, se trouve dans l'obscurité qu'induit le vol de nuit où il se trouve. L'assombrissement, la peur, l'ambiance créée semble refléter l'état intérieur du personnage. La voix de Louis retentit, et introduit la situation initiale du récit. Le spectateur apprend que ce voyageur retourne voir sa famille lors d'un déjeuner afin de lui annoncer quelque chose d'important, après douze années d'absence. Un enfant ne trouvant pas le sommeil assis derrière lui semble vouloir le divertir. La figure enfantine ferait-elle référence à un passé lointain ? Cet enfant, serait-ce Louis, lorsqu'il était aux côtés de sa famille, serait-ce la personnification d'un retour aux sources ? Issu de la pièce de théâtre de Jean-Luc Lagarce sortie seize années plus tôt, Xavier Dolan entreprend de porter à l'écran une des pièces phares du metteur en scène français intitulée Juste la fin du monde. Poétique et théâtral, ce film plonge le spectateur au cœur du rendez-vous dominical familial. Secrets, non-dits, tensions, jalousie, gène, amour : seulement le temps d'un repas de famille.

Beat Generation

Médiation d'exposition

Viviana Gobbato
Photo : Bernard Plossu, Mexique [Le Voyage mexicain], 1966 © Bernard Plossu

Quelle définition pour « Beat Génération » ? Comment traduire cela dans l’espace d’exposition ? Quels rôles y jouent l’Histoire, les histoires, les villes, les protagonistes ainsi que leurs créations ? Dans l’exposition à Beaubourg, le visiteur se trouve face à un espace immersif et imbriqué qui incite l’action dans sa découverte, mais aussi assombri par un faible éclairage, et enivré par l’abondance de productions exposées. La visite de Beat Generation fait prendre conscience d’un mouvement culturel, artistique et social que, dès la fin années ’40, a mis en place un mécanisme révolutionnaire, à l’influence globale. L’expographie comme un cube de Rubik : les multiples facettes de cette dite Beat Generation s’encastrent dans le parcours pour en tisser le contexte de création auquel ses ambassadeurs se sont affiliés. Photographies, installations interactives, projections, images, peintures, affiches, compositions, chansons, poèmes sonores. Cet ensemble quasi assourdissant évoque unanimement le rejet anticonformiste du rêve américain.

Les Innocentes

Médiation de film

Pauline Maréchal
Les Innocentes : affiche, photo ajoutée le 16 décembre 2015 sur le site Allociné, © Mars Distribution

L'histoire prend place dans une Pologne couverte de neige et appauvrie suite à la Seconde Guerre Mondiale. Réalisé par Anne Fontaine et sorti le 10 février 2016 en France, ce film offre la vision d'une vie au couvent, d'une vie pieuse où les prières à Dieu rythment les journées des Bénédictines. La Croix-Rouge française a élu domicile dans un village proche du lieu de vie des religieuses, le temps de soigner les soldats français blessés et de ce fait restés dans ce pays nordique. Mathilde Beaulieu, jeune interne à la Croix-Rouge, femme émancipée et communiste, va alors croiser le chemin des religieuses polonaises suite à un appel à l'aide d'une de ces dernières.

Amadeo de Souza-Cardoso : 1887-1918

Médiation d'exposition

Pauline Maréchal
Amadeo de Souza-Cardoso, Lévriers, 1911 Huile sur toile, Portugal, Lisbonne Fundação Calouste Gulbenkian - Centro de Arte Moderna José de Azeredo Perdigão © Collection CAM/Fondation Calouste Gulbenkian. Photo : Paulo Costa

Peintre oublié de la fin du XIXème siècle et du début du XXème siècle, l'artiste Amadeo de Souza-Cardoso ressuscite à travers une exposition temporaire au Grand Palais à Paris. Ayant côtoyé des artistes de renoms, ce portugais semble perdu parmi ses contemporains qui ont traversé les années.

Viviana Gobbato
Santiago Rusiñol, Una Romanza, 1894, Huile sur toile. © Museu Nacional d’Art de Catalunya, Barcelone (2016)/ foto : Jordi Calveras

Quand Montmartre était la capitale artistique, avant de laisser la scène à New York, entre 1870 et 1910, c’est l’histoire du modernisme qui s’impose. Ces deux dates emblématiques délimitent les débuts d’une nouvelle société d’artistes « révolutionnaires individualistes », au sens de Luc Ferry, et les mouvements organisés des « ismes » avant-gardistes. L’exposition présentée au Musée de Montmartre invite le visiteur à plonger dans cette réalité méconnue, lui faisant découvrir deux générations d’une vingtaine d’artistes, chacun représentant une facette des fondements de l’art moderne. De la déconstruction académiste à la désacralisation du sujet artistique, le contexte historique, culturel et social sont évoqués à travers les 160 oeuvres qui plongent le visiteur dans la « belle époque » de la bohème montmartroise.

Gus Van Sant

Médiation d'exposition

Viviana Gobbato
Photo : River Phoenix dans My Own Private Idaho de Gus Van Sant (1991) © Warner Bros Inc.

C’est un portrait multiple celui que Matthieu Orléans tire de Gus Van Sant dans son exposition temporaire à la Cinémathèque Française, du 13.04 au 31.07 2016. Réalisateur, photographe, scénariste, peintre et musicien. Nous faisons la connaissance d’un artiste total qui projette son être à travers des œuvres différentes, mais complémentaires. Evocateurs du cinéma, le noir et le blanc sont les couleurs choisies pour une scénographie qui se veut très graphique. Le White Cube est adopté pour l’accrochage des œuvres, le Black Box pour les projections. Cinq salles thématiques décrivent un Gus Van Sant inédit : "Photography", "Cinepark", "Constellations", "Painting" et "Music" se succèdent, quasi déconstruisant l’œuvre cinématographique, offrant au public chaque élément la composant.

Ma Ma

Médiation de film

Pauline Marechal
Ma Ma : Affiche, © Pathé Distribution

Lorsque nous regardons l'affiche de ce film, nous pensons à Volver de Pedro Almodóvar. La composition de l'image est similaire. Le visage de Pénélope Cruz est au centre, et émerge parmi des fleurs. Elle nous fixe de son regard perçant, et tout au long du film, elle ne cessera de « crever l'écran ». Ce film espagnol est réalisé par Julio Medem et non par le grand cinéaste emblématique de la nouvelle vague hispanique.

De toi à la surface

Médiation d'exposition

Viviana Gobbato
Vue de l’exposition : De toi à la surface, FRAC Ile-de-France, Le Plateau, Paris, 2016. © Photo Martin Argyroglo

L’exposition d’art contemporain se différencie par sa capacité de stimuler le visiteur qui ne sera pas seulement attiré par une recherche esthétique, mais aussi par un questionnement sur sa société. Le rôle du commissaire devient ainsi central : de quelle manière son exposition assume-t-elle une scénographie et une expographie reflétant les questionnements contemporains ? Nous aborderons cette question par l’analyse de « De toi à la surface », une exposition d’art contemporain présentée à la FRAC d’Ile-de-France, au Plateau de Paris, du 21 janvier au 10 avril 2016.